Le nouveau programme médical a été présenté lundi à Lesparre aux 14 officines de la Pointe du Médoc.

Une fois n’est pas coutume, le Nord-Médoc va se retrouver dès le mois d’avril prochain à la pointe d’un nouveau programme médical qui, si l’expérience s’avère positive, pourrait bien être étendu au-delà de l’estuaire.

Sous le nom de « Protect-AVC Médoc », son objectif est de réduire les risques d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) en permettant aux patients de passer un électrocardiogramme chez leur pharmacien habituel.

L’opération a été présentée lundi dernier à Lesparre aux 14 officines de la Pointe du Médoc pressenties pour y participer par les médecins neurologues Stéphane Olindo et François Rouanet, tous deux attachés à l’unité neurovasculaire du Centre hospitalier universitaire (CHU) Pellegrin de Bordeaux. Ils ont d’abord expliqué la relation directe existant entre le fonctionnement cardiaque et la possible survenance d’un AVC : un cœur qui bat mal en raison d’une fibrillation auriculaire provoquant une arythmie fabrique des caillots sanguins qui vont émigrer vers le cerveau où ils sont susceptibles de boucher une artère, et donc de déclencher l’accident.

Un cylindre métallique

« L’arythmie cardiaque est responsable d’un AVC sur cinq », précisait le docteur Rouanet. Rappelant que l’âge est un facteur aggravant du risque, il ajoutait : « En Médoc, 20 000 habitants ont plus de 65 ans. 600 d’entre eux ont un cœur qui bat irrégulièrement, et la moitié ne le sait pas. » Or, jusqu’à présent, le meilleur moyen pour déceler cette arythmie était de passer un électrocardiogramme chez un cardiologue, après plusieurs semaines d’attente, ou bien au service des urgences de la clinique mutualiste en cas d’alerte.

D’où l’idée de proposer ce service par l’intermédiaire des pharmaciens grâce à un nouvel outil mis au point par une société néerlandaise sous le nom de MyDiagnostick. Il se présente sous la forme d’un cylindre métallique d’une trentaine de centimètres, et il suffit de le prendre en mains comme un guidon de vélo pendant moins d’une minute pour obtenir un résultat sous forme d’une lumière verte ou rouge. Si elle est verte, il n’y a pas de problème, mais, si elle est rouge, il peut y en avoir un. Dans ce cas, l’électrocardiogramme est édité afin d’être étudié de plus près.

Directement transmis au médecin

« Cet appareil est un mini-électrocardiogramme qui a été testé et évalué, commentait le docteur Stéphane Olindo. Il n’a bien sûr pas la qualité d’un électrocardiogramme habituel, mais nous sommes sur un dépistage, pas sur un diagnostic. »

Il a d’ailleurs déjà été mis en place dans huit pharmacies de Pessac, en banlieue bordelaise, et a débouché sur « une grosse demande ». Mais l’expérimentation médocaine ira encore plus loin, car tout résultat nécessitant une interprétation sera instantanément transmis à des médecins grâce à un logiciel, et permettra au patient de connaître en quelques minutes la marche à suivre.

Cette rapidité, alliée à la simplicité de l’examen gratuit et anonyme, qui ne nécessite ni local aménagé ni déshabillage du patient, est l’avantage majeur d’un procédé dont le but est de lutter contre « un vrai problème de santé publique ». D’autant que, mis à part répondre à un court questionnaire et repartir éventuellement avec un courrier type pour son médecin traitant, les formalités sont réduites au strict minimum.

François Martial, président de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) pour les pharmaciens, présent lundi dernier, soulignait enfin que ceux-ci « devraient répondre présent pour un programme unique » et que, après les vaccinations contre la grippe, c’était encore pour eux l’occasion d’affirmer leur mission de professionnels de santé de proximité. Après la réponse des officines pressenties et son installation, le programme devrait être opérationnel au mois d’avril prochain.

Source : www.sudouest.fr

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